Commémoration du génocide : ARCT-Ruhuka s’apprête à assister les personnes traumatisées

Par Admin 2017-04-06 17:20:58

En cette période où le Rwanda et le monde entier commémorent pour la 23ème les victimes du génocide perpétré contre les tutsis en 1994, l’« Association Rwandaise des Conseillers en Traumatisme ( ARCT-Ruhuka) »s’apprête à contribuer à la prise en charge des personnes qui seront en proie à des cas de traumatisme.

Abatoni Jane Gatete, Secrétaire Exécutive de l'ARCT-Ruhuka (photo-archives)

L’ARCT-Ruhuka qui bientôt deviendra simplement une « Organisation Rwandaise des Conseillers Professionnels » assiste généralement les personnes victimes de traumatisme sans distinction aucune, ni de catégories de victimes, ni de situations causales dudit traumatisme.

Dans un entretien avec La Nouvelle Relève , la Secrétaire Exécutive de l’ARCT-Ruhuka, Abatoni Jane Gatete, cette dernière a souligné que leur action se concentrera sur les lieux où seront rassemblées beaucoup de personnes, comme à la soirée commémorative au Stade National, dans les différents villages (imidugudu) où se tiendront des débats publics , ainsi qu’au sein des centres de santé et Hôpitaux publics.

Elle a indiqué que la prise en charge de routine au siège de l’organisation se poursuivra.

D’habitude, a dit Abatoni, l’organisation assiste, en plus des personnes victimes du traumatisme issu des conséquences du génocide des tutsis, celles victimes du traumatisme issu des violences familiales, des violences basées sur le sexe(GBV), les stresses au travail, les victimes du traumatisme relatif à la pauvreté ainsi qu’àd la séropositivité au VIH /Sida et autres.

Au cours de la période de commémoration des victimes du génocide des Tustis, a insisté Abatoni, « nous nous apprêtons à assister toutes les catégories de Rwandais , et pour ce, nous avons déployés nos conseillers dans plusieurs coins du pays pendant que nous interviendrons en même temps dans différents débats à la radio et à la télévision ».

Pour venir en aide aux personnes en pleine crise durant les rassemblements, Abatoni a indiqué qu’elles sont habituellement emmenées à l’hôpital sur le champ, mais restent sous la surveillance du conseiller en traumatisme.

Rugina Gervais, chargé des programmes au sein de l’ARCT- Ruhuka, quant à lui a indiqué à La nouvelle Relève, qu’en dehors de la prise en charge des personnes au traumatisme déclaré, l’organisation procède à la formation des conseillers au sein des communautés locales et dans les écoles où sont formés des mentors.

Le choix des personnes à former, a-t-il dit, est basé sur leur intégrité, sur la confiance qu’ont en elles les communautés locales ou les collègues de l’école.

Des défis se dressent dans les activités de l’ARCT-Ruhuka, notamment « la non identification du véritable problème par les personnes traumatisées elles-mêmes, et leur prédilection à rechercher les causes du problème ailleurs ».

Par ailleurs, certaines victimes esclaves de la culture, préfèrent intérioriser leur trauma de peur que l’entourage ne se moque ni ne soit au courant de leur situation.

D’autre part, a-t-il ajouté, « certaines autorités locales ne prennent pas directement en charge les personnes traumatisées les accusant plutôt de fauteurs de troubles à l’ordre public ou de malades mentaux ».

Depuis sa création en 1998, l’ARCT-Ruhuka a déjà formé plus de 100 conseillers professionnels, plus ou moins 5000 conseillers au sein des communautés locales et dans les écoles l’ont aussi été , tandis que plus de 10 000 personnes ont bénéficié de l’assistance dans le sens de leur traumatisme.

Jean Louis KAGAHE

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