Dusangire Lunch : impact des cantines scolaires sur les résultats d’apprentissage au Rwanda
La campagne ‘Dusangire Lunch’ est devenue un moteur essentiel du programme lancé en 2019. Elle a été introduite pour renforcer la durabilité et accroître l’implication des communautés dans les repas scolaires, grâce aux contributions des parents, des coopératives, des institutions privées et des Rwandais de la diaspora.
L’objectif reste le même : faire en sorte qu’aucun enfant ne soit privé de sa capacité d’apprendre, de se concentrer et de progresser à l’école à cause de la faim.
Avant la généralisation de l’alimentation scolaire à l’échelle nationale, la faim freinait silencieusement l’apprentissage, en particulier dans les zones rurales et les communautés à faible revenu. Les écoles signalaient fréquemment une forte absence des élèves l’après-midi : les enfants rentraient chez eux chercher de la nourriture et ne revenaient pas.
D’autres avaient du mal à se concentrer en classe, se fatiguaient vite ou abandonnaient l’école pendant les saisons de plantation ou de récolte, lorsque leurs familles comptaient sur leur main-d’œuvre. Le manque de repas réguliers n’était pas seulement un problème nutritionnel : il constituait un obstacle à l’accès à l’éducation, à l’équité et aux résultats scolaires.
Aujourd’hui, la situation a profondément changé. Plus de quatre millions d’élèves au Rwanda reçoivent un repas scolaire quotidien, un changement qui a stabilisé l’assiduité, amélioré la rétention et encouragé une participation plus active en classe.
Les enseignants de nombreux districts décrivent des salles de classe plus remplies, une participation renforcée et des améliorations visibles des performances des élèves. Si les chiffres témoignent des progrès nationaux, l’histoire devient encore plus parlante à travers l’expérience d’une école.
Avant le programme Dusangire Lunch, Mujawayezu Jeanne, petite agricultrice et mère de cinq enfants scolarisés à l’école GS Gasaka, peinait à nourrir sa famille.
« Beaucoup de matins, mes enfants allaient en classe l’estomac vide, et certains jours, ils restaient à la maison ou quittaient l’école plus tôt parce qu’ils n’avaient pas la force de continuer. Je voulais qu’ils apprennent, mais la faim les ramenait à la maison », se souvient-elle.
Aujourd’hui, la situation s’est transformée. « Avec les repas quotidiens fournis à GS Gasaka, mes enfants vont à l’école régulièrement, restent actifs en classe et rentrent à la maison pleins d’énergie et motivés. Maintenant, ils mangent à l’école et leurs résultats s’améliorent. Je n’ai peut-être pas d’argent, mais je donne de mon temps au jardin scolaire ; les voir apprendre me donne de l’espoir », dit Mujawayezu avec fierté.
Des histoires comme la sienne se répètent dans tout le pays, alors que les écoles adoptent des jardins scolaires, des approvisionnements locaux et des modèles de participation communautaire qui renforcent la durabilité.

Les progrès du Rwanda s’appuient également sur des échanges internationaux. Le pays a collabore étroitement avec le Brésil, leader mondial en matière d’alimentation scolaire.
La ministre d’État à l’Éducation, Claudette Irere, a récemment conduit des visites techniques pour s’inspirer du modèle brésilien, fondé sur l’implication communautaire et les approvisionnements locaux. Ces enseignements continuent d’orienter l’approche rwandaise pour garantir qualité, durabilité et résilience à long terme.
Pour l’avenir, le Rwanda considère l’alimentation scolaire comme un pilier du développement du capital humain et un investissement dans les générations futures.
Les projets prévoient le développement des infrastructures de cuisine, l’amélioration de la diversité nutritionnelle, l’expansion des réseaux d’approvisionnement locaux et le renforcement des jardins scolaires afin d’assurer une disponibilité alimentaire tout au long de l’année.