Finlande : François Bazaramba, condamné pour génocide, retrouvé mort en prison
François Bazaramba, ressortissant rwandais condamné pour sa participation au génocide contre les Tutsi de 1994, est décédé en Finlande, où il purgeait une peine de réclusion à perpétuité à la prison de Kerava.
Selon des médias finlandais, son corps a été retrouvé vendredi dans l’enceinte de l’établissement pénitentiaire, dans la zone du sauna. La police a immédiatement ouvert une enquête afin de déterminer les causes exactes du décès. À ce stade, l’administration pénitentiaire n’a fait aucune déclaration officielle.
Arrêté en 2007, François Bazaramba avait été condamné en 2012 à la prison à vie pour son rôle dans le génocide contre les Tutsi. La justice finlandaise l’avait reconnu coupable d’avoir incité des extrémistes hutu à l’extermination des Tutsi.
La Cour d’appel d’Helsinki avait établi sa responsabilité dans des crimes commis dans plusieurs localités du sud du Rwanda, notamment à Birambo, Cyahinda, Rushunguriro, Maraba et Kibangu, dans l’ancienne commune de Nyakizu.
Malgré sa condamnation définitive, Bazaramba a toujours nié les faits qui lui étaient reprochés tout au long de la procédure judiciaire.
Il était arrivé en Finlande en 2003, où il avait obtenu l’asile. Né en 1951 dans l’ancienne commune de Nshili, préfecture de Gikongoro, il dirigeait avant le génocide une école d’enseignement religieux, avant de devenir pasteur au sein de l’Église baptiste. Au moment du génocide, il exerçait comme pasteur à Nyakizu, dans l’actuelle province du Sud, aujourd’hui district de Nyaruguru.
Les poursuites judiciaires faisaient état de son implication dans le massacre de plus de 5 000 Tutsi. Toutefois, le tribunal l’avait formellement reconnu coupable d’avoir ordonné la mort de cinq personnes et d’avoir participé à la mort d’un nombre indéterminé d’autres victimes, ce qui avait conduit à sa condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité.
Son procès avait suscité une vive attention en Finlande, car il s’agissait de la première affaire de ce type jugée dans le pays après la ratification des conventions internationales relatives à la prévention et à la répression du crime de génocide.