La pauvreté et les conflits familiaux continuent d’alimenter les grossesses précoces chez les adolescentes au Rwanda

  • admin
  • February 26, 2026
  • il y a 2 months
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La Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) intensifie ses descentes et campagnes de sensibilisation dans les écoles secondaires pour lutter contre les grossesses précoces, un phénomène en hausse préoccupante au Rwanda, largement alimenté par la pauvreté, les conflits familiaux et le manque d’informations sur la santé reproductive.

Le 23 février 2026, la CNDH a lancé une série d’activités de sensibilisation dans plusieurs établissements scolaires afin de promouvoir les droits humains et prévenir les grossesses non planifiées chez les adolescentes. Cette initiative vise à renforcer la protection des droits de l’enfant et à responsabiliser les jeunes face aux risques liés à la sexualité précoce.

Selon la septième Enquête démographique et de santé (DHS 7) réalisée en 2025, la proportion d’adolescentes enceintes est passée de 5 % en 2020 à 8 % en 2025. L’étude a concerné les jeunes filles âgées de 15 à 19 ans, dont certaines ont accouché avant d’atteindre la majorité au cours des cinq dernières années.

Avec l’appui du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, la Commission a déployé cette campagne dans les écoles secondaires de neuf districts : Nyabihu, Ngororero, Rutsiro, Kamonyi, Huye, Gakenke, Nyarugenge, Gasabo et Kicukiro. Les élèves y reçoivent des enseignements sur les droits de l’enfant, les conséquences des grossesses précoces et le rôle des jeunes dans la prévention de ce phénomène.

La Présidente de la CNDH, Umurungi Providence, a souligné que plusieurs facteurs expliquent l’augmentation des grossesses chez les adolescentes. « La pauvreté, les conflits familiaux, l’alcoolisme, la consommation de drogues, les relations à risque ainsi que le manque d’informations sur la santé reproductive sont parmi les principales causes de cette situation », a-t-elle déclaré. Elle a ajouté que ces grossesses constituent une atteinte majeure aux droits des jeunes filles, entraînant souvent l’abandon scolaire et compromettant leur avenir.

Les élèves saluent cette initiative éducative. Mbabazi Hirwa Aklat, élève en deuxième année du secondaire, affirme avoir appris l’importance de dire non face aux pressions et d’éviter les comportements à risque susceptibles de conduire à une grossesse non désirée.

La Commission prévoit d’étendre prochainement ces descentes aux universités et instituts supérieurs afin d’élargir l’impact de la sensibilisation auprès de la jeunesse rwandaise.

Par ailleurs, les données du Ministère du Genre et de la Promotion de la Famille révèlent que 22 454 adolescentes ont été victimes d’abus sexuels ayant conduit à des grossesses en 2024. L’évolution des statistiques montre une tendance globalement à la hausse : 19 701 cas en 2020, 23 111 en 2021, 24 472 en 2022, puis une légère baisse à 22 055 en 2023.

Malgré ce recul en 2023, les autorités notent que le nombre de grossesses précoces demeure élevé, d’autant plus que de nombreuses adolescentes mènent leur grossesse à terme. Face à cette réalité, les descentes de la CNDH dans les établissements scolaires apparaissent comme une réponse stratégique pour protéger les droits des enfants et construire une génération mieux informée, capable de faire des choix responsables pour son avenir.

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