Mutobo: Des Congolais dénoncent les mensonges fondateurs des FDLR et s’engagent pour la vérité
Une délégation de 120 citoyens congolais en provenance du Nord et du Sud-Kivu, à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), a affirmé que le groupe armé FDLR repose sur une falsification de l’histoire du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994. À l’issue d’une visite marquée par l’émotion et la prise de conscience, ces leaders se sont engagés à promouvoir la vérité et à lutter contre les discours de haine dans la région des Grands Lacs.
Composée notamment de responsables religieux et de chefs coutumiers, la délégation a exprimé sa vive inquiétude face à la persistance des discours mensongers véhiculés par les FDLR. Selon eux, ces récits falsifiés nourrissent une idéologie dangereuse susceptible de raviver les tensions ethniques et de replonger la région dans des violences de masse, plus de trois décennies après le génocide contre les Tutsi qui a coûté la vie à plus d’un million de personnes en seulement cent jours.
Leur visite au Mémorial du Génocide de Kigali a constitué un moment clé de leur séjour. En rendant hommage aux plus de 250 000 victimes qui y reposent, les participants ont été confrontés à la réalité historique du génocide. Cette immersion visait à renforcer leur compréhension des faits et à les sensibiliser à leur rôle dans la consolidation d’une paix durable.
« Ce que nous avons vu ici est bouleversant. Les preuves sont là. Nier le génocide contre les Tutsi, c’est mentir », a déclaré Esther Mutoka, originaire de Bukavu. Elle a également dénoncé la propagation de l’idéologie génocidaire par les FDLR et appelé la jeunesse de la région à rejeter toute forme de division ethnique.
La délégation a ensuite visité le centre de réinsertion de Mutobo, où d’anciens combattants des FDLR ont partagé leurs témoignages. Ces derniers ont décrit un mouvement marqué par la violence, les exactions et la manipulation idéologique. Parmi eux, un ancien haut gradé a reconnu les crimes commis, notamment les assassinats, les pillages, les violences sexuelles et les enlèvements de civils à des fins de rançon.
« Nous demandons pardon au peuple congolais. Nous étions dans l’erreur. Aujourd’hui, nous comprenons que nos actes relevaient de la criminalité. Nous appelons ceux qui sont encore dans la forêt à rentrer, car la paix est une réalité au Rwanda », a-t-il affirmé.
Les chefs coutumiers présents ont, de leur côté, promis de relayer ce message dans leurs communautés. Ils ont appelé les autorités congolaises à prendre des mesures fermes pour se dissocier des FDLR et mettre fin à leurs activités, qui compromettent la sécurité des populations locales depuis près de trente ans.
« Nous avons vécu trop longtemps dans l’insécurité. Il est temps de dire la vérité et de construire la paix. Ceux qui continuent à soutenir les FDLR doivent comprendre le danger qu’ils font peser sur toute la région », a déclaré l’un d’eux.
Au terme de leur visite, les participants ont réaffirmé leur engagement à diffuser un message de paix, de vérité et de réconciliation. Ils ont insisté sur le fait que la connaissance de l’histoire constitue un rempart essentiel contre la manipulation et la résurgence des idéologies extrémistes.
Dans une région encore marquée par les séquelles des conflits, leur initiative apparaît comme un pas important vers une prise de conscience collective et une lutte renforcée contre la désinformation et la haine.