Rwanda rejette le rapport de Human Rights Watch et dénonce une approche « sélective » du conflit dans l’Est de la RDC

  • admin
  • June 12, 2026
  • il y a 10 hours
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Le Gouvernement du Rwanda a fermement rejeté les accusations contenues dans le récent rapport de Human Rights Watch (HRW), publié le 10 juin 2026 sous le titre « Death Was Everywhere : Arbitrary Detention, Killings, and Forced Recruitment by the M23 and the Rwanda Defence Force ».

Dans une réponse détaillée, Rwanda accuse l’organisation internationale de défense des droits humains d’adopter une approche partiale, de recourir à une méthodologie contestable et de minimiser le rôle des groupes armés soutenus par la République démocratique du Congo (RDC), notamment les FDLR et certaines milices Wazalendo.

Le Rwanda rejette catégoriquement les allégations impliquant les Forces de Défense du Rwanda (RDF) dans des actes de recrutement forcé, de détention arbitraire, de torture, d’exécutions extrajudiciaires, de travail forcé ou de recrutement d’enfants soldats. Kigali s’oppose également à ce qu’il considère comme une tentative de Human Rights Watch de fusionner les actions du mouvement M23 et celles des RDF dans une même responsabilité.

« Les actes présumés du M23 ne peuvent être automatiquement attribués aux Forces de Défense du Rwanda », souligne le Gouvernement rwandais.

Dans sa réaction, le Rwanda met en avant plusieurs constats contenus dans le rapport lui-même. Selon Kigali, Human Rights Watch reconnaît que l’armée congolaise a soutenu différents groupes armés opposés au M23, notamment les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), une milice fondée par des responsables du Génocide perpétré contre les Tutsi en 1994.

Le rapport mentionne également que les autorités congolaises ont armé, financé et coordonné des opérations avec certaines factions Wazalendo ainsi qu’avec d’autres groupes armés, y compris les FDLR.

Pour Kigali, ces éléments confirment les préoccupations sécuritaires que le Rwanda exprime depuis plusieurs décennies concernant la présence et les activités de cette organisation armée à sa frontière.

Le Gouvernement rwandais reproche toutefois à Human Rights Watch de ne pas avoir soumis l’armée congolaise, les FDLR et les milices alliées au même niveau d’investigation et d’analyse que celui appliqué au Rwanda et au M23.

« Une responsabilité sélective appliquée à travers une enquête sélective ne constitue pas une véritable reddition de comptes »,

Le Rwanda remet également en question les méthodes d’enquête utilisées par Human Rights Watch.

Selon Kigali, aucun enquêteur indépendant ne s’est rendu sur les sites décrits dans le rapport. Aucune exhumation ni expertise médico-légale n’aurait été réalisée pour confirmer les accusations formulées.

Le Gouvernement souligne que le rapport s’appuie largement sur des images satellites, des analyses géospatiales et des témoignages anonymes, dont certains proviendraient d’anciens combattants interrogés alors qu’ils se trouvaient sous contrôle de l’armée congolaise.

Pour Kigali, ces éléments ne permettent pas d’établir avec certitude des responsabilités pénales ni des chaînes de commandement.

Les autorités rwandaises accusent également Human Rights Watch de présenter certaines accusations comme des faits établis dans le titre et les communications publiques du rapport, tout en utilisant dans les annexes et l’analyse juridique un langage plus prudent, évoquant notamment des faits qui « pourraient constituer » des crimes ou des éléments « susceptibles d’être compatibles » avec certaines violations.

Le Gouvernement critique en outre les recommandations de Human Rights Watch visant à imposer des sanctions internationales contre certains responsables rwandais.

Selon Kigali, ces recommandations reposent essentiellement sur des témoignages anonymes et des allégations qui n’ont pas fait l’objet de vérifications judiciaires ou médico-légales indépendantes.

Le Rwanda affirme soutenir les enquêtes impartiales et indépendantes, à condition qu’elles respectent les principes du droit international, les garanties de procédure et les standards de preuve reconnus.

Dans sa réponse, Kigali insiste sur le fait que les FDLR demeurent la principale source d’insécurité régionale.

Le Gouvernement rappelle que cette organisation a été créée par des responsables du Génocide contre les Tutsi de 1994 et qu’elle représente depuis plus de trente ans une menace pour la sécurité du Rwanda et des populations civiles de la région des Grands Lacs.

Le Rwanda souligne également que Human Rights Watch reconnaît dans son rapport les liens existants entre les préoccupations sécuritaires rwandaises et les activités des FDLR.

Pour Kigali, toute analyse crédible du conflit dans l’Est de la RDC doit impérativement prendre en compte les actions de cette milice ainsi que les relations qu’elle entretient avec certains acteurs étatiques congolais.

Le Gouvernement rwandais estime enfin que ce rapport s’inscrit dans une tendance plus large de traitement déséquilibré du conflit.

Kigali rappelle que Human Rights Watch a déjà documenté dans d’autres rapports des exactions attribuées aux milices Wazalendo ainsi que les risques encourus par les populations civiles, notamment les Banyamulenge, dans certaines zones de l’Est de la RDC.

Pour les autorités rwandaises, il est donc légitime de s’interroger sur l’absence d’un rapport d’ampleur comparable consacré aux violations commises par les FDLR, les Wazalendo, certains mercenaires étrangers et les autres forces alliées à Kinshasa.

Malgré ses critiques à l’égard du rapport de Human Rights Watch, le Rwanda réaffirme son attachement aux initiatives diplomatiques visant à restaurer la paix et la stabilité dans la région.

Rwanda considère les Accords de Washington comme le cadre le plus crédible pour répondre aux préoccupations sécuritaires, renforcer la coopération régionale, promouvoir l’intégration économique et construire une paix durable entre le Rwanda et la République démocratique du Congo.

Le Gouvernement conclut en affirmant qu’il continuera à défendre sa sécurité nationale tout en privilégiant le dialogue, la coopération régionale et les solutions pacifiques au conflit.

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