OIF : l’intelligence artificielle et l’éducation des filles au cœur du 3e mandat de Louise Mushikiwabo

  • La Nouvelle Releve
  • July 2, 2026
  • il y a 23 hours
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Candidate à un troisième mandat à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Louise Mushikiwabo a présenté, lors de son audition devant les États membres, les grandes orientations de son futur programme d’action. Au cœur de ses priorités figure l’intelligence artificielle (IA), qu’elle souhaite placer au service du développement des pays francophones, avec un accent particulier sur les jeunes et les filles.

S’inscrivant dans le prolongement de l’Appel de Kigali adopté lors de la dernière Conférence ministérielle de la Francophonie, la secrétaire générale a affirmé vouloir faire de la place des filles dans l’intelligence artificielle une priorité transversale de son prochain mandat.

« J’aurai à cœur de me focaliser sur la place des filles dans l’intelligence artificielle, une réalité que je m’engage à traiter, non comme un sujet parmi d’autres, mais comme une dimension transversale de l’ensemble de notre action pour les années à venir », a-t-elle déclaré.

Pour Louise Mushikiwabo, la révolution numérique dépasse le seul cadre technologique. Elle constitue un levier de croissance économique, mais également un enjeu de souveraineté pour les États francophones. « Le numérique et l’intelligence artificielle sont un facteur de réussite économique, mais aussi un instrument important de souveraineté pour nos pays », a-t-elle souligné.

La responsable rwandaise est revenue sur les réalisations de ses deux premiers mandats. Elle a rappelé avoir modernisé la stratégie numérique de l’OIF et lancé, dès 2021, plusieurs initiatives en faveur de la formation des jeunes aux métiers du numérique, notamment à travers le programme des CLIC. Lors de son deuxième mandat, son action s’est concentrée sur la gouvernance du numérique et de l’intelligence artificielle, avec la création d’un Centre de ressources sur la gouvernance numérique piloté depuis la représentation de l’OIF à Genève, une initiative proposée par la Suisse lors du Sommet de Djerba.

Pour les quatre prochaines années, Louise Mushikiwabo souhaite accompagner les sociétés francophones dans leur adaptation à l’ère de l’intelligence artificielle. Elle a également réaffirmé son engagement à soutenir les candidatures francophones dans les organisations internationales, estimant que la capacité d’influence de la Francophonie dépend de la présence de ses représentants dans les instances où se prennent les grandes décisions mondiales.

Au-delà des questions numériques, la secrétaire générale entend accélérer le déploiement des projets phares de l’organisation. Elle souhaite notamment étendre les programmes de mobilité des enseignants de français, convaincue que le renforcement de l’enseignement de la langue est indispensable face à son recul dans plusieurs régions du monde, alors même que la demande d’apprentissage continue de croître sur les cinq continents.

Louise Mushikiwabo a également mis en avant le programme « La Francophonie avec Elles », destiné à soutenir les femmes en situation de précarité. Elle a salué les résultats obtenus grâce au travail mené avec les associations féminines et les organisations de la société civile, tout en annonçant son intention de renforcer ce dispositif.

Son projet pour un troisième mandat prévoit également le développement d’initiatives dans des domaines variés, notamment la lutte contre la désinformation, les missions économiques, l’appui aux systèmes d’état civil et le tourisme durable.

Pour financer ces ambitions, la secrétaire générale entend poursuivre la diversification des partenariats avec le secteur privé et les institutions financières internationales. Elle a cité les contributions de TotalEnergies au financement du fonds « La Francophonie avec Elles », celles de la Banque ouest-africaine de développement, ainsi que le récent accord signé avec la Banque africaine de développement en faveur de l’emploi des jeunes.

À travers cette feuille de route, Louise Mushikiwabo affiche l’ambition de faire de la Francophonie un acteur davantage engagé dans les grandes transformations.

“Je suis très intéressée à continuer de vous servir, j’aime ce que je fais, et c’est un bon moment pour notre organisation. De quel cap est-ce que je parle? Faire de la francophonie un espace plus influent, plus solidaire, mieux gouverné et aligné sur les défis de son époque, tout cela au profit du bien-être de ses populations”, a-t-elle déclaré.

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