Les auteurs du génocide contre les Tutsi sont aux portes du Rwanda – Brig. Gen. Rwivanga
Le porte-parole des Forces de défense du Rwanda (RDF), le Brigadier Général Ronald Rwivanga, a déclaré que les responsables du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994 ne se cachent pas loin : ils se trouvent dans des pays voisins du Rwanda ainsi que dans d’autres régions du monde. Selon lui, ils nourrissent en permanence l’intention de revenir pour commettre à nouveau un génocide et déstabiliser la sécurité du pays.
Il a tenu ces propos ce vendredi 17 avril 2026, lors d’une conférence organisée à l’occasion de la 32ᵉ commémoration du génocide contre les Tutsi de 1994, réunissant des employés du Bureau de l’Auditeur Général des Finances de l’État (OAG) et de l’Autorité fiscale du Rwanda (RRA).
Le Brig. Gen. Rwivanga a souligné que le génocide n’est pas survenu par hasard: il a été planifié sur une longue période, testé, et exécuté après avoir formé aussi bien les jeunes que les adultes à tuer, tout en alimentant la division et la haine dans le but d’exterminer les Tutsi.
Il a affirmé que, 32 ans après que les forces de l’ex-RPA Inkotanyi ont mis fin au génocide et que le pays a retrouvé la paix sous un gouvernement d’unité nationale, les auteurs de ce crime continuent de nourrir des intentions malveillantes et cherchent à verser à nouveau le sang.
Il a déclaré : « Après le génocide contre les Tutsi en 1994, le Rwanda s’est reconstruit, la sécurité a été restaurée et un gouvernement d’unité nationale a assuré la coexistence pacifique des citoyens. Malgré ces avancées, de nombreux auteurs du génocide restent aux portes du Rwanda, dans les pays voisins et ailleurs, et continuent de comploter pour revenir déstabiliser le pays et perpétrer un nouveau génocide. »
Il a toutefois assuré qu’ils ne réussiront jamais à détruire l’unité des Rwandais ni à exécuter de nouveau leur projet, affirmant que le mal ne triomphera jamais du bien.
Le Brig. Gen. Rwivanga a également indiqué qu’après leur défaite, les auteurs du génocide ont fui avec des armes, des technologies et des soutiens financiers, dans le but de se réorganiser et de lancer de nouvelles attaques contre le Rwanda.
Cela s’est manifesté à travers plusieurs attaques, notamment la guerre d’infiltration de 1997, qui visait à achever leur projet d’extermination des Tutsi et à renverser le gouvernement rwandais.
Ces infiltrés sont revenus avec l’intention de tuer des Tutsi et d’affaiblir les autorités issues du RPA. Ainsi, le 18 mars 1997, ils ont attaqué l’École secondaire de Nyange, dans le district de Ngororero. Les élèves ont refusé de se diviser sur une base ethnique, affirmant leur unité, ce qui a conduit à la mort de six d’entre eux.
En novembre 2012, des combattants du groupe FDLR, fondé par des auteurs du génocide, ont mené des attaques dans le district de Rubavu avec des armes fournies par le gouvernement de la République démocratique du Congo. En 2019, le groupe FLN a également attaqué un bus de transport de passagers dans le district de Nyamagabe, causant de nombreuses victimes et blessés.
Ces groupes ont continué à perturber la sécurité du Rwanda. Le 4 octobre 2019, une attaque dans le district de Musanze a fait 19 victimes civiles.
Selon le Brig. Gen. Rwivanga, toutes ces attaques illustrent la persistance des menaces contre la sécurité nationale. Il a toutefois indiqué que le Rwanda a renforcé ses dispositifs de défense, notamment en raison du manque de volonté des autorités de la RDC à éradiquer ces groupes armés.
L’idéologie génocidaire persiste dans la région
Le porte-parole des RDF a également insisté sur le fait que ces groupes ont emporté avec eux l’idéologie du génocide, qui continue aujourd’hui de se renforcer dans certains pays de la région, en particulier dans l’est de la RDC. Il a dénoncé les massacres ciblant les Tutsi, notamment les Banyamulenge et les Banyamasisi, tués en raison de leur appartenance ethnique.
Il a comparé la situation actuelle dans l’est de la RDC à celle du Rwanda avant le génocide de 1994, évoquant des expulsions, des persécutions et des assassinats motivés par l’ethnie, poussant certaines populations à prendre les armes pour se défendre.
Il a averti que l’idéologie du génocide est toujours présente et se diffuse notamment à travers les réseaux sociaux. Il a appelé les jeunes à s’engager activement dans la lutte contre cette idéologie, soulignant leur rôle essentiel pour préserver la vérité historique du Rwanda et empêcher toute manipulation des faits.
Le Brig. Gen. Rwivanga affirme que les réseaux sociaux sont devenus un nouveau champ de bataille: ils peuvent être utilisés à la fois pour nier le génocide contre les Tutsi, mais aussi pour en défendre la vérité.
