Le Rwanda lance le Centre d’études sur le génocide et les conflits
Le ministère de l’Éducation a lancé le Centre d’études sur le génocide et les conflits (CGCS) à l’Université du Rwanda, remplaçant l’ancien Centre de gestion des conflits afin de renforcer la recherche, le dialogue et la prévention.
Le CGCS a été officiellement lancé le 17 avril. Plus qu’une simple institution académique, ce centre s’inscrit dans l’architecture plus large du Rwanda en matière de prévention, de résilience et d’unité.
Lors de la cérémonie de lancement, le ministre de l’Éducation, Joseph Nsengimana, a souligné que la lutte contre l’idéologie du génocide et le divisionnisme doit aller au-delà des livres d’histoire. Il a exhorté le Centre à maintenir sa dynamique en s’appuyant sur la recherche et le savoir pour contrer la désinformation, le négationnisme et les discours de haine, en particulier à l’ère numérique actuelle.
Il s’est dit convaincu que ce nouveau centre deviendra un pôle de référence en matière de recherche, d’éducation et d’élaboration de politiques publiques, capable d’anticiper et de prévenir les risques avant qu’ils ne s’aggravent.
« S’appuyant sur l’héritage important du Centre de gestion des conflits, nous nous attendons à ce que le CGCS devienne un centre d’excellence de premier plan, tant au niveau national qu’international », a-t-il déclaré.
« Nous attendons du Centre qu’il développe une recherche rigoureuse et pertinente à l’échelle mondiale sur le génocide et la prévention des conflits ; qu’il serve de plateforme de dialogue entre disciplines, institutions et pays ; qu’il contribue à l’élaboration de programmes éducatifs intégrant l’éducation à la paix et la pensée critique à tous les niveaux ; et qu’il s’engage directement auprès des communautés afin de traduire le savoir en impact concret sur la société. »
« Concrètement, le CGCS n’est pas un nouveau centre, mais une nouvelle version du Centre de gestion des conflits (CCM), opérationnel depuis 27 ans », a déclaré le vice-chancelier de l’Université du Rwanda, le professeur Didace Muganga Kayihura.
« Une nouvelle version qui répond à l’évolution des contextes international et régional, marqués par le négationnisme du génocide, la propagation des idéologies et discours de haine, les politiques identitaires et toutes formes de manipulation, ainsi qu’aux réalités du développement national. »
Selon Aggée Shyaka, directeur du Centre, le CGCS se concentrera sur la prévention du génocide, la gestion des conflits, la justice transitionnelle, la gouvernance et la cohésion sociale.
Il prévoit également de réviser les programmes académiques, notamment le master en études sur le génocide et sa prévention, d’introduire un programme de doctorat, et d’élargir les formations courtes ainsi que les initiatives d’engagement en matière de politiques publiques.

