Le Rwanda accélère sa transition vers les énergies renouvelables face à la hausse de la demande

  • La Nouvelle Releve
  • September 10, 2025
  • il y a 7 months
Image

Le Rwanda s’emploie à accroître rapidement sa capacité en énergies renouvelables, alors que sa forte croissance économique dépasse les prévisions initiales. C’est ce qu’ont indiqué mardi des responsables gouvernementaux et leurs partenaires lors de l’ouverture officielle de la 5ᵉ édition de la Conférence et Exposition sur les Énergies Renouvelables pour une Croissance Durable.

L’événement, qui se tient à Kigali du 8 au 12 septembre sous le thème « Donner les moyens à l’avenir énergétique de l’Afrique : innovation, transition et durabilité », rassemble décideurs politiques, acteurs du secteur privé, investisseurs, chercheurs et partenaires au développement.

Organisée par Energy Private Developers (EPD) en partenariat avec le gouvernement du Rwanda à travers le ministère des Infrastructures (MININFRA) et d’autres partenaires clés, la conférence met en lumière l’urgence croissante pour le pays d’augmenter sa production d’électricité tout en respectant ses engagements de durabilité et d’accessibilité.

Le ministre d’État au ministère des infrastructures, Jean de Dieu Uwihanganye, a souligné que la croissance du Rwanda est si rapide que l’offre énergétique peine à suivre. « Je pense que nous avons alimenté le pays en énergie, mais sa croissance a dépassé nos prévisions, ce qui est une bonne chose. Il nous faut accélérer la manière dont nous produisons de l’énergie », a-t-il déclaré.

Il a rappelé que la capacité installée est passée de 110 mégawatts en 2014 à environ 465 mégawatts aujourd’hui, dont 56 % provenant de sources renouvelables. Mais avec l’expansion industrielle et l’urbanisation croissante, les besoins deviennent beaucoup plus importants.

D’ici 2030, le Rwanda vise 615 mégawatts de capacité installée, avec plus de 60 % issus des énergies renouvelables. Le gouvernement prépare notamment la mise en place d’une grande centrale solaire pour atteindre cet objectif.

Uwihanganye a invité le secteur privé à proposer de nouveaux projets de production :« Nous avons besoin de beaucoup plus d’énergie. Nous espérons que le secteur privé répondra présent. Nous restons ouverts à vos propositions pour accroître la production », a-t-il insisté, évoquant les opportunités offertes par les contrats d’achat d’électricité et les solutions hors réseau.

Le ministre a également souligné que l’accessibilité tarifaire est aussi importante que l’approvisionnement, rappelant que la baisse des prix de l’électricité est essentielle pour stimuler l’industrialisation et la compétitivité économique.

Des partenaires engages

La transition énergétique du Rwanda repose sur des partenariats avec des institutions internationales, notamment la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, la KfW et l’Union européenne. Uwihanganye a salué leurs contributions techniques et financières qui ont favorisé l’expansion de l’accès à l’électricité et des énergies renouvelables.

L’ambassadrice de l’UE au Rwanda, Belén Calvo Uyarra, a qualifié le pays de « phare de vision et d’ambition » dans la transition énergétique africaine. Elle a cité des projets phares comme la centrale hydroélectrique régionale Ruzizi III, qui fournira 206 mégawatts au Rwanda, au Burundi et à la République démocratique du Congo.


« Ce n’est pas seulement un investissement dans les infrastructures, c’est aussi un symbole d’intégration régionale, de consolidation de la paix et de prospérité partagée », a-t-elle déclaré, ajoutant que les préparatifs pour Ruzizi IV étaient déjà en cours.

Grâce à l’initiative Global Gateway de l’Équipe Europe, plus de 267 millions d’euros de subventions et prêts ont été mobilisés pour des projets d’énergies renouvelables au Rwanda et dans la région.

Au-delà des chiffres, les intervenants ont rappelé que les énergies renouvelables sont essentielles à l’innovation, au développement social et à l’inclusion.

Michelle Umurungi, directrice des investissements au Rwanda Development Board (RDB), a rappelé que le pays est passé de 18 % d’accès à l’électricité en 2014 à plus de 80% aujourd’hui, illustrant l’impact de la volonté politique et des réformes.


Elle a mis en avant des incitations comme les exonérations fiscales, les procédures simplifiées d’enregistrement ou encore les mécanismes d’amortissement accéléré, qui rendent le Rwanda attractif pour les développeurs.

Le RDB considère également l’énergie comme un pilier de la Vision 2050, qui ambitionne de positionner le pays comme un hub régional pour la fabrication propre, l’hydrogène vert, les réseaux intelligents et la mobilité électrique.

De son côté, le Dr Ivan Twagirashema, président exécutif de l’EPD, a insisté sur la nécessité d’investir dans le renforcement des compétences, l’inclusion du genre et la numérisation des systèmes énergétiques.

« La voie vers un avenir énergétique durable, inclusif et innovant pour l’Afrique ne pourra être tracée que par une collaboration forte, des investissements stratégiques et un engagement commun envers une vision partagée », a-t-il affirmé.

Malgré des avancées impressionnantes, le pays reste confronté à des obstacles tels que le coût élevé du financement, les écarts d’accessibilité et l’accès limité aux technologies de pointe.

Les responsables et partenaires réunis à Energy Week 2025 ont convenu que pour répondre à la demande croissante tout en maintenant le cap vers un avenir énergétique renouvelable, il faudra investir plus rapidement, renforcer les partenariats et faire preuve d’audace dans l’innovation.

  • La Nouvelle Releve
  • September 10, 2025
  • il y a 7 months
Ajouter un commentaire
Rédiger un commentaire

Règles d’utilisation du forum