RDC : Kinshasa défend les FDLR auprès de ses partenaires internationaux
Le gouvernement congolais intensifie sa campagne diplomatique pour convaincre ses partenaires régionaux et occidentaux de sa stratégie concernant les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), privilégiant désormais une approche axée sur la démobilisation plutôt que sur une neutralisation militaire.
Ce Samedi, avant de se rendre à Luanda (Angola), le ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, a effectué une étape à Pretoria, où il a remis un message spécial du président Félix Tshisekedi à son homologue sud-africain, Cyril Ramaphosa. Cette visite s’inscrit dans une tournée diplomatique entamée il y a plusieurs semaines et qui a déjà conduit le ministre en Ouganda, au Togo, au Burundi, en Tanzanie, en Belgique et en France.
Selon Jeune Afrique, cette offensive diplomatique vise à convaincre les partenaires de la RDC que Kinshasa progresse dans la mise en œuvre de ses engagements concernant les FDLR, un groupe armé fondé par d’anciens responsables hutu impliqués dans le génocide contre les Tutsi de 1994 au Rwanda.
D’après le magazine, les autorités congolaises présentent à leurs interlocuteurs un protocole d’accord portant sur la démobilisation volontaire des FDLR. Cette initiative intervient alors que les opérations de neutralisation prévues dans le cadre de l’accord de paix signé à Washington entre les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame peinent à avancer.
Toujours selon Jeune Afrique, Kinshasa cherche ainsi à démontrer qu’elle respecte ses engagements internationaux, après plusieurs mises en garde de Washington concernant le manque de progrès sur le dossier des FDLR. Les autorités congolaises souhaitent éviter un durcissement de la position américaine, voire d’éventuelles sanctions.
Cette démarche diplomatique est perçue comme un changement d’approche, la RDC mettant davantage en avant une solution négociée de démobilisation des FDLR auprès de ses partenaires internationaux plutôt qu’une réponse militaire. Kigali considère toutefois les FDLR comme une menace existentielle et continue de réclamer leur neutralisation effective.
La tournée de Floribert Anzuluni intervient donc dans un contexte où Kinshasa cherche à rassurer ses alliés sur sa volonté de mettre en œuvre les engagements pris dans le cadre de l’accord de Washington, tout en défendant une stratégie privilégiant le désarmement volontaire du mouvement.