Président Kagame : Le Rwanda ne demandera à personne la permission de se protéger contre la menace des FDLR
Le président Paul Kagame a réaffirmé que le Rwanda ne demandera à personne la permission de prendre les mesures nécessaires pour se protéger contre toute menace provenant des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé opérant dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) avec, selon Kigali, le soutien de certains acteurs locaux.
S’exprimant lors d’une conférence de presse tenue ce 24 août 2026, le président Kagame a déclaré que la persistance du problème des FDLR depuis plus de trois décennies s’explique notamment par l’incapacité des acteurs concernés, dont le gouvernement congolais et la communauté internationale, à s’attaquer aux racines du problème.
Le chef de l’État rwandais a rappelé qu’avant même la conclusion de l’accord de Washington entre le Rwanda et la RDC, de nombreux processus de dialogue et plusieurs centaines de discussions avaient déjà été engagés pour tenter de résoudre la question sécuritaire dans la région.
Selon lui, malgré ces initiatives, la question des FDLR demeure entière et continue de faire peser sur le Rwanda une partie importante de la responsabilité liée aux problèmes sécuritaires de la région.
Paul Kagame a également critiqué la position fluctuante de Kinshasa concernant l’existence des FDLR.
Il a affirmé que le gouvernement congolais reconnaît parfois l’existence de ce groupe armé avant de revenir sur cette position, allant jusqu’à présenter les FDLR comme un prétexte utilisé par le Rwanda pour justifier l’exploitation des ressources minières congolaises.
Le président rwandais a par ailleurs dénoncé les sanctions imposées au Rwanda, estimant qu’elles contribuent davantage à aggraver le problème qu’à le résoudre lorsqu’elles sont appliquées de manière qu’il considère comme partiale.
« Au lieu de sanctionner les FDLR, ceux qui travaillent avec eux ou les soutiennent, ils sanctionnent ceux qui les combattent. Je n’en comprends pas le fondement », a déclaré Paul Kagame.
Il a également accusé les autorités congolaises de continuer à soutenir les FDLR et d’avoir intégré certains de leurs combattants au sein des forces armées congolaises. Il a affirmé que des éléments de preuve et des témoignages faisant état de cette coopération avaient été présentés à plusieurs reprises.
Selon Kagame, malgré ces éléments, une partie de la communauté internationale continue de les ignorer et adopte des positions différentes selon les acteurs concernés.
Le président Kagame a insisté sur le fait que la protection de la sécurité nationale reste, pour le Rwanda, une priorité absolue.
Il a affirmé que le pays continuera à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer sa sécurité, quelles que soient les circonstances.
« L’essentiel reste la manière dont nous nous comportons. Premièrement, nous nous comportons de manière à nous protéger, quel qu’en soit le coût. Nous ferons tout ce qui est nécessaire pour que cette protection soit assurée, de jour comme de nuit. Il n’y a pas deux options, il n’y en a qu’une », a-t-il déclaré.
Le chef de l’État a également souligné que le Rwanda ne pouvait pas permettre à ses adversaires de profiter de sa volonté de préserver la paix pour créer de l’instabilité sur son territoire.
« Nous allons essayer de faire ce qui est juste. Vous savez que nous sommes un pays qui n’accepte pas d’être plongé dans le désordre. Si nous donnions à beaucoup de nos ennemis la possibilité de nous apporter le chaos, je pense que ce serait notre erreur. Nous essayons de l’éviter. Nous faisons ce qui est nécessaire pour nous protéger et nous le ferons sans crainte, sans demander la permission, de jour comme de nuit, à tout moment », a déclaré Paul Kagame.
Paul Kagame a enfin réaffirmé que le Rwanda demeure attaché à la paix et à la stabilité dans la région des Grands Lacs.
Il a rappelé que Kigali travaille avec plusieurs pays africains dans le cadre d’initiatives visant à promouvoir la paix et la sécurité sur le continent.
Tout en se présentant comme un pays attaché à la paix, le président Kagame a cependant insisté sur le fait que le Rwanda entend défendre sa sécurité et ses intérêts nationaux face à toute menace, notamment celle qu’il attribue aux FDLR et à leurs alliés.