Le groupe Dangote a lancé, mercredi 4 novembre, un projet de stockage pétrolier en Namibie, avec un réseau de pipelines destiné à approvisionner l’Afrique australe. L’investissement associé à cette initiative est chiffré autour de 2,6 milliards de dollars, selon des chiffres livrés par son propriétaire.
Le complexe sera implanté sur le site de Farm 58, à dix kilomètres à l’est de Walvis Bay. Il comprendra des réservoirs pétroliers totalisant 600 millions de litres, soit près de quatre millions de barils. Selon Dangote, 360 millions de litres seront réservés au diesel et 240 millions à l’essence. Il vise à faire de Walvis Bay une plateforme pétrolière régionale.
Cette capacité doit être reliée à un pipeline d’environ 1700 kilomètres. Le réseau envisagé partira du port de Walvis Bay et s’étendra vers l’intérieur du continent. Dangote a cité le Botswana, la Zambie, le Zimbabwe, le Malawi et le sud de la République démocratique du Congo comme marchés concernés. Pour le moment, le tracé définitif n’est pas arrêté. Dangote a précisé que sa longueur et son itinéraire dépendront des études techniques, des relevés sur le terrain et des autorisations réglementaires.
Le groupe prévoit d’acheminer par cette infrastructure des carburants raffinés au Nigeria vers la Namibie et les pays de l’intérieur. Aliko Dangote a déclaré que le pipeline devrait réduire les coûts de transport et faciliter l’accès des pays enclavés aux produits pétroliers. Il a aussi évoqué une baisse des prix.
Le lancement intervient après plusieurs démarches administratives. En août, Dangote Industries Namibia avait engagé une procédure environnementale pour subdiviser les quelque 70 hectares du site. L’évaluation publiée alors précisait qu’une étude d’impact environnemental distincte devait encore être réalisée et approuvée avant le début des travaux de construction du terminal.
Le calendrier annoncé par Dangote prévoit une réalisation sur une période comprise entre 18 et 20 mois. Le site de stockage représente huit fois la capacité de la réserve pétrolière namibienne, qui atteint 75 millions de litres. Un volume qui est notamment exploité par la compagnie pétrolière publique Namcor.
Pour Dangote, ce projet s’inscrit dans le développement de débouchés pour les carburants issus de sa raffinerie nigériane qui dispose d’une capacité nominale de 700 000 barils par jour. Gerrit van Rooyen, économiste chez Oxford Economics Africa, estime que le réseau élargira les marchés d’exportation du groupe, notamment en Afrique australe.
Le projet a été placé sous la coordination de la présidence dès 2025, selon la présidente Netumbo Nandi-Ndaitwah. Elle a indiqué vouloir éviter les retards administratifs qui avaient, par le passé, découragé des investisseurs.
Agence Ecofin







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