Le Rwanda réaffirme son engagement constant dans les opérations de paix internationals
Le gouvernement rwandais a solennellement réitéré son engagement indéfectible envers les missions de maintien de la paix de l’Organisation des Nations unies (ONU).
Le Rwanda s’impose aujourd’hui comme un acteur incontournable de la sécurité internationale. Sur les 117 pays engagés dans les missions de l’ONU, le pays se classe au deuxième rang mondial avec 5 880 personnels déployés, juste derrière le Népal (6 029) et devant le Bangladesh (5 568), l’Inde (5 165) et le Pakistan (2 662).
Cette position fait du Rwanda le premier contributeur de troupes de tout l’espace francophone. Une force de frappe et une expertise qui s’illustrent notamment en République centrafricaine.
Lors de la deuxième réunion ministérielle dédiée à ces opérations au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), tenue à Rabat, le ministre rwandais des Affaires étrangères et de la Coopération, Olivier Nduhungirehe, a toutefois exhorté la communauté internationale et les pays contributeurs à adopter une vision beaucoup plus large et intégrée du cycle des conflits.
« Notre contribution à la MINUSCA illustre cet engagement constant au service de la protection des civils et de la stabilisation », a rappelé Olivier Nduhungirehe, s’appuyant sur l’expérience passée et réussie des contingents rwandais dans des contextes complexes en Haïti et au Mali.
Le chef de la diplomatie rwandaise a dressé un constat lucide : l’environnement des théâtres d’opérations s’est profondément transformé. Entre la nature asymétrique des conflits, la prolifération des groupes armés et la résurgence inquiétante des mercenaires, les défis sont colossaux.
Le ministre a vivement alerté sur l’impact dévastateur des campagnes de désinformation et des discours de haine, désormais démultipliés par le numérique.
« Le Rwanda est conscient, par l’expérience acquise dans notre région, que les discours de haine précèdent souvent les atrocités de masse et, dans les cas les plus extrêmes, les génocides », a-t-il martelé, prévenant que la manipulation de l’information sabote autant la sécurité des civils que la crédibilité même des missions de paix.
Pour le Rwanda, les opérations actuelles souffrent d’un décalage flagrant entre les objectifs politiques et la réalité des mandats de l’ONU. Le ministre a insisté sur le fait que le maintien de la paix ne doit pas être une action isolée, mais s’inscrire dans un continuum logique : la prévention, le maintien, puis la consolidation de la paix.
Pour réussir cette transition, le Rwanda pose la question cruciale des moyens soulignant qu’il est aussi essentiel de garantir un financement prévisible et durable des opérations de paix.
Il a salué le rôle important joué par l’Organisation internationale de la Francophonie sous le leadership de Madame la Secrétaire générale Louise Mushikiwabo.
“L’OIF a contribué de manière concrète au renforcement des capacités linguistiques des personnels déployés, à l’amélioration de l’interopérabilité dans les environnements francophones, ainsi qu’au plaidoyer en faveur d’une meilleure préparation des contingents de maintien de la paix appelés à intervenir dans ces contextes spécifiques.
Le Rwanda demeure le premier pays francophone contributeur de troupes aux opérations de maintien de la paix des Nations unies dans le monde.