Chikungunya : l’Université du Rwanda au cœur du développement d’un vaccin
L’Université du Rwanda a accueilli ce lundi 8 juin, le lancement officiel du projet d’accélérer le développement d’un vaccin contre le chikungunya en Afrique (ACT-CHIK). Pilotée par l’Institut Pasteur et financée par Global Health EDCTP3, cette initiative de quatre ans réunit sept partenaires issus du Rwanda, de la France, du Sénégal, du Brésil, du Nigeria, du Kenya et de la Corée du Sud.
Au cours des trois prochains jours, des partenaires venus du monde entier examineront les stratégies visant à faire progresser les essais cliniques et à jeter les bases de la fabrication de vaccins contre le chikungunya en Afrique.
Les essais cliniques seront menés au Rwanda, au Kenya, au Nigeria et au Sénégal pour fournir des données essentielles pour accélérer le développement de vaccins adaptés aux populations africaines, y compris aux groupes d’âge les plus jeunes.
Le Professeur Leon Mutesa, responsable du projet ACT-CHIK, a souligné que le chikungunya est souvent confondu avec le paludisme en Afrique et avec le virus Zika dans d’autres régions du monde, ce qui complique la prise en charge des patients et la surveillance de la maladie.

Il a précisé que ce projet renforcera les capacités en matière d’essais cliniques en s’appuant sur les progrès déjà réalisés par l’Institut Pasteur, partenaire clé du consortium, et contribuera à réduire les erreurs de diagnostic.
« Les défis sanitaires de l’Afrique nécessitent des solutions scientifiques conçues et dirigées par l’Afrique, tout en étant renforcées par des partenariats mondiaux », a déclaré Françoise Kayitare Tengera, Vice-rectrice chargée des finances.
Le Dr Menelas Nkeshimana, représentant du ministère de la Santé du Rwanda, a souligné que cette initiative constitue une réponse stratégique aux enseignements tirés des précédentes pandémies.
Il a indiqué que le projet ACT-CHIK représente bien plus qu’un simple investissement dans le développement d’un vaccin.
« Il s’agit d’un investissement dans les capacités scientifiques, réglementaires et institutionnelles nécessaires pour mieux protéger les populations et renforcer la préparation de l’Afrique face aux futures menaces sanitaires », a-t-il indiqué.
Selon lui, cette initiative contribuera à consolider les systèmes de santé du continent tout en favorisant une réponse plus efficace et durable aux défis émergents en matière de santé publique.
Le virus du chikungunya (CHIKV) est transmis par certaines espèces de moustiques, principalement Aedes aegypti et Aedes albopictus.
Cette maladie provoque notamment de fortes douleurs articulaires et peut entraîner des complications graves touchant le cerveau, le cœur, les vaisseaux sanguins et le système nerveux. Les jeunes enfants figurent parmi les groupes les plus exposés à ces complications sévères.
Selon les données de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), près de 3 000 cas de chikungunya ont été recensés en Afrique en 2024, tandis qu’environ 700 000 cas ont été signalés à l’échelle mondiale.
