Le Rwanda se prépare à utiliser le lénacapavir pour prévenir le VIH dès 2026
Le gouvernement prévoit d’introduire le lénacapavir, un médicament injectable à action prolongée destiné à la prévention du VIH, au cours du dernier trimestre de l’année, a annoncé le Centre biomédical du Rwanda (RBC).
Administrée une fois tous les six mois, cette injection viendra compléter les options de prophylaxie pré-exposition (PrEP) déjà disponibles dans le pays.
Dans une interview accordée au New Times, le Dr Zéphanie Nzeyimana, responsable stratégique des populations clés affectées par le VIH au sein du RBC, a expliqué que ce calendrier permettra aux autorités de finaliser les procédures d’approbation réglementaire et de préparer les établissements de santé avant le déploiement du médicament.
« Le lénacapavir devrait être disponible dans le pays au cours du quatrième trimestre de cette année. Certaines procédures doivent encore être finalisées avant son introduction dans les établissements de santé », a-t-il précisé.
Il a ajouté que le lénacapavir sera proposé parallèlement aux méthodes de PrEP déjà existantes, offrant ainsi un éventail élargi d’options de prévention du VIH et permettant aux usagers de choisir la méthode la mieux adaptée à leurs besoins, ce qui pourrait améliorer l’accès aux services et encourager une utilisation régulière.
« Une fois introduit, le lénacapavir sera proposé aux côtés de la PrEP orale quotidienne et du cabotégravir injectable. L’éligibilité sera déterminée selon une approche fondée sur l’évaluation des risques, afin de cibler les personnes les plus exposées au VIH, notamment les travailleuses du sexe, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, ainsi que les personnes séronégatives engagées dans des relations sérodiscordantes », a déclaré le Dr Nzeyimana.
Il a toutefois précisé que l’accès ne sera pas limité à ces groupes. Les professionnels de santé évalueront les risques individuels sur la base de critères comportementaux et épidémiologiques afin d’identifier toute personne susceptible de bénéficier du traitement.
Selon Nzeyimana, le lénacapavir a fait l’objet d’essais cliniques et a été approuvé pour offrir une protection de six mois par injection. Lorsqu’il est administré conformément au calendrier recommandé, il assure une protection complète pendant toute cette période.
Le suivi portera à la fois sur la sécurité et la continuité des soins. Les bénéficiaires recevront des conseils au moment de l’injection ainsi que des instructions pour signaler tout symptôme inhabituel ou effet indésirable.
« Les agents de santé fourniront également des conseils en matière de réduction des risques et procéderont au dépistage d’autres infections sexuellement transmissibles lorsque cela sera nécessaire », a-t-il ajouté.
Nzeyimana a également indiqué que le lénacapavir sera fourni gratuitement, indépendamment de la situation financière des patients. Certains services connexes pourront toutefois être pris en charge par les régimes d’assurance maladie existants, notamment l’assurance maladie communautaire.
« Le RBC, en collaboration avec ses partenaires, formera les professionnels de santé afin qu’ils fournissent des informations claires et cohérentes dans les établissements de santé et lors des activités de sensibilisation communautaire. Ces efforts viseront également à informer le public sur cette nouvelle option de prévention et à lutter contre la désinformation », a-t-il conclu.
Plusieurs pays d’Afrique australe et orientale ont déjà approuvé le lénacapavir ou se préparent à le faire. La Zambie, le Zimbabwe, l’Afrique du Sud et l’Eswatini ont obtenu les autorisations réglementaires et reçu les premières livraisons. Le Botswana, le Malawi, la Tanzanie et l’Ouganda ont également autorisé le médicament. D’autres pays, dont le Kenya et la Namibie, ont déposé des demandes d’autorisation ou finalisent leurs préparatifs en vue de son déploiement.