Olivier Nduhungirehe : « Le nouveau protocole sur le désarmement volontaire des FDLR est une manœuvre de diversion »

  • admin
  • August 3, 2026
  • il y a 3 hours
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Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a qualifié de « manœuvre de diversion » le nouveau protocole sur le désarmement volontaire des FDLR annoncé par le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC). Dans une interview accordée à Radio Agasaro Kaburaga, il a affirmé que les engagements pris entre Kigali et Kinshasa sont déjà clairement définis par les accords conclus sous l’égide des États-Unis.

Selon le ministre, le 4 décembre 2025, le président Paul Kagame et le président Félix Tshisekedi ont signé, en présence du président américain Donald Trump, un accord prévoyant la neutralisation des FDLR. Cet accord est accompagné d’un CONOPS (Concept of Operations) qui détaille les modalités pratiques de cette neutralisation. « Il n’y a pas besoin d’un nouveau protocole », a-t-il déclaré, estimant que les procédures sont déjà établies.

Olivier Nduhungirehe a accusé Kinshasa de tenir, depuis plusieurs années, un discours changeant sur les FDLR. Selon lui, les autorités congolaises ont tour à tour affirmé que ce mouvement ne représentait plus une menace, qu’il ne comptait que des combattants âgés ou encore qu’il n’existait pratiquement plus. Il a également évoqué d’autres déclarations selon lesquelles les FDLR se trouveraient exclusivement dans les zones contrôlées par le M23. Pour le chef de la diplomatie rwandaise, ces positions contradictoires traduisent un manque de volonté politique de neutraliser ce groupe armé.

Le ministre affirme qu’après la signature de l’accord de décembre 2025, le gouvernement congolais a continué à apporter un soutien militaire et politique aux FDLR. Il soutient que Kigali a partagé avec les parties concernées les informations dont il dispose sur les activités des FDLR, y compris celles concernant le soutien qu’elles recevraient des autorités congolaises.

Sur le plan politique, Olivier Nduhungirehe a affirmé que les FDLR auraient été mises en relation avec plusieurs personnalités rwandaises en exil, notamment Jean-Luc Habyarimana, fils de l’ancien président Juvénal Habyarimana, Fabien Singaye, gendre de Félicien Kabuga, ainsi que Thaddée Kwitonda et Thomas Nahimana.

Le ministre a rappelé que le CONOPS prévoit un calendrier de 90 jours définissant les modalités du désarmement des combattants des FDLR et leur rapatriement au Rwanda. À ses yeux, l’annonce d’un nouveau protocole de désarmement volontaire ne constitue qu’une stratégie destinée à retarder la mise en œuvre des engagements déjà pris.

Pour illustrer cette position, Olivier Nduhungirehe a évoqué les événements de mars 2026. Il a indiqué que, sous la pression des États-Unis à la suite de l’accord de Washington, Kinshasa avait annoncé le 9 mars 2026 son intention de lancer des opérations contre les FDLR. Toutefois, il affirme que deux jours plus tard, les autorités congolaises auraient fourni des armes, des munitions et des ressources financières aux FDLR dans le territoire de Walikale. Selon lui, ces événements démontrent que les nouvelles initiatives annoncées ne visent qu’à retarder les opérations prévues.

Kigali rejette les accusations sur le « Genocost »

Interrogé sur la commémoration du « Genocost » organisée à Kinshasa, le ministre rwandais a dénoncé ce qu’il considère comme du « cynisme ».

Il a rappelé qu’à partir du 2 août 1998, date choisie pour cette commémoration, des Tutsi vivant à Kinshasa auraient été systématiquement pourchassés, tués ou lynchés, certains corps ayant été jetés dans le fleuve Congo. Il a également évoqué les déclarations de l’ancien vice-président Abdoulaye Yerodia Ndombasi, qui avait qualifié les Tutsi de « déchets » et de « microbes » devant être éliminés.

Olivier Nduhungirehe a également affirmé que des officiers congolais appartenant à la communauté tutsie avaient été tués et a rappelé des déclarations du porte-parole des FARDC, le général Sylvain Ekenge, qui avait suscité une vive polémique en appelant les Congolais à ne pas épouser des Tutsi.

Pour le ministre rwandais, les autorités congolaises cherchent à se présenter comme victimes alors qu’elles portent, une responsabilité dans les violences visant les Tutsi en RDC.

Enfin, répondant aux accusations récurrentes selon lesquelles le Rwanda pillerait les ressources minières congolaises, Olivier Nduhungirehe a rejeté ces allégations. Il a affirmé que les personnes poursuivies devant la justice belge pour des affaires liées au trafic de minerais seraient proches de la famille du président Félix Tshisekedi. Il a également soutenu que les FDLR continuent d’exploiter des minerais dans les zones qu’elles contrôlent dans l’est de la RDC.

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