RDC : 700 millions de dollars contre Ebola, où est passé l’argent des donateurs ?
La gestion des financements internationaux destinés à la lutte contre Ebola en République démocratique du Congo (RDC) soulève de sérieuses interrogations. Le directeur du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), le Dr Jean Kaseya, a publiquement questionné la traçabilité de centaines de millions de dollars annoncés par les partenaires internationaux.
La question a été soulevée mercredi 14 octobre à Kinshasa, lors d’un échange avec la presse. « Où sont passés les 700 millions de dollars annoncés par les donateurs internationaux pour la lutte contre Ebola en RDC ? », s’est interrogé le responsable d’Africa CDC.
Selon le Journal de Kinshasa, cette interrogation met en évidence les difficultés à retracer intégralement les financements mobilisés pour répondre à l’urgence sanitaire.
Les chiffres rapportés par Afrik.com soulèvent également des questions. Sur les 962 millions de dollars déclarés comme décaissés au profit des partenaires chargés de mettre en œuvre les interventions, un peu plus de 200 millions seulement auraient pu être retracés lors d’un exercice de vérification mené avec les autorités sanitaires congolaises.
Cet écart ne constitue toutefois pas, à lui seul, une preuve de détournement de fonds. Des vérifications indépendantes restent nécessaires pour déterminer si les sommes non retracées correspondent à des dépenses insuffisamment documentées, à des retards dans la présentation des justificatifs, à des fonds encore disponibles ou à d’éventuelles irrégularités.
Au-delà des chiffres, cette situation pose la question de la transparence dans la gestion de l’aide internationale, alors que la RDC doit mobiliser d’importantes ressources pour contenir les épidémies et protéger les populations.
Le choléra, une autre urgence sanitaire
Pendant que les autorités sanitaires font face à Ebola, le choléra continue également de progresser en RDC.
Selon l’Agence de presse africaine (APA), 2 932 cas suspects et 86 décès ont été enregistrés entre le 21 et le 28 septembre 2026. Les provinces du Sud-Kivu, du Nord-Kivu et du Haut-Katanga concentreraient près de 60 % des cas suspects.
Afrik.com souligne que le nombre de cas signalés en une semaine dépasse six fois le seuil d’alerte hebdomadaire, fixé à 599 cas. Cette progression renforce la pression sur les structures sanitaires, déjà confrontées à plusieurs défis.
Dans l’est du pays, l’insécurité complique davantage les opérations de riposte. L’accès de certaines équipes médicales à des localités comme Kibua et Masisi reste limité par les conditions sécuritaires et les difficultés logistiques.
La multiplication des urgences sanitaires met ainsi en évidence la nécessité de renforcer à la fois les moyens d’intervention, la coordination des partenaires et le suivi des ressources financières consacrées à la santé publique.