Les élèves des Écoles Normales Primaires (TTC) suivront désormais une formation de cinq ans
Kigali – À partir de l’année scolaire 2026-2027, les futurs enseignants formés dans les Écoles Normales Primaires (Teacher Training Colleges – TTC) suivront une formation de cinq années, au terme de laquelle ils obtiendront un diplôme universitaire de premier cycle (A1). Cette réforme s’inscrit dans la stratégie du gouvernement visant à renforcer la qualité de l’enseignement et à préparer le pays à atteindre les ambitions de la Vision 2050.
L’annonce a été faite ce samedi 1er août 2026 par le ministre de l’Éducation, Joseph Nsengimana, lors d’une présentation de l’état du système éducatif rwandais et des réformes prévues pour les prochaines années.
« Les étudiants qui intégreront les filières de formation des enseignants cette année suivront désormais un cursus de cinq ans avant d’exercer leur métier. Contrairement à l’ancien système de trois ans, ils termineront leur formation avec un diplôme universitaire de premier cycle (A1) », a déclaré le ministre.
Élever le niveau de qualification des enseignants
Le ministre a rappelé que la majorité des enseignants du primaire disposent actuellement d’un diplôme de niveau secondaire (A2), une situation que le gouvernement souhaite progressivement faire évoluer.
Selon lui, plusieurs pays ont commencé avec ce même niveau de qualification avant de le relever progressivement afin d’améliorer la qualité de l’enseignement.
« Si nous voulons atteindre les objectifs de la Vision 2050, nous devons disposer d’enseignants hautement qualifiés. Ce sont eux qui forment les générations futures et qui permettront au Rwanda de bâtir une économie fondée sur la connaissance, l’innovation et les technologies », a-t-il expliqué.
Une transition progressive sur dix ans
Le ministère prévoit une mise en œuvre progressive de cette réforme afin d’éviter toute pénurie d’enseignants dans les écoles.
La première phase, qui s’étendra sur cinq ans, permettra aux enseignants titulaires d’un diplôme A2 d’accéder au niveau A1. Au cours des cinq années suivantes, ces enseignants pourront poursuivre leurs études afin d’obtenir un diplôme universitaire de deuxième cycle (A0).
« Nous procéderons par étapes afin de maintenir suffisamment d’enseignants dans les établissements tout en améliorant progressivement leur niveau de qualification », a précisé Joseph Nsengimana.
Les enseignants en poste conserveront leur emploi
Le ministre a également tenu à rassurer les enseignants actuellement en fonction. Il a affirmé que cette réforme ne remettrait pas en cause leur emploi.
« Les enseignants titulaires d’un diplôme A2 continueront à exercer normalement. Nous mettrons en place des programmes de formation continue afin qu’ils puissent eux aussi améliorer leurs qualifications. L’objectif n’est pas de remplacer les enseignants actuels, mais de renforcer leurs compétences pour offrir une éducation de meilleure qualité à tous les élèves », a souligné le ministre.
Des ajustements pour les futurs candidats
Étant donné que les examens nationaux ont été organisés avant l’annonce officielle de cette réforme, le ministère travaillera avec l’Agence nationale chargée des examens et de l’inspection scolaire (NESA) afin de permettre aux élèves ayant déjà choisi les TTC de revoir leur orientation s’ils le souhaitent.
À l’inverse, les candidats qui n’avaient pas initialement choisi cette filière mais qui souhaitent désormais intégrer les TTC auront également la possibilité de le faire.
D’autres réformes entreront en vigueur
La réforme des TTC fait partie d’un ensemble de quatre changements majeurs qui seront appliqués dès la prochaine rentrée scolaire.
Parmi les nouveautés figurent une réorganisation des horaires dans les écoles primaires, avec davantage de temps consacré à l’apprentissage autonome des élèves afin de développer leur esprit critique et leur capacité à apprendre par eux-mêmes.
Le vendredi, les élèves termineront les cours à 15h30, permettant aux enseignants de consacrer une partie de leur temps à des formations professionnelles continues, au renforcement des pratiques pédagogiques ainsi qu’au suivi du comportement des élèves.
Le gouvernement prévoit également une augmentation des ressources destinées aux programmes d’alimentation scolaire afin d’améliorer les repas servis aux élèves à midi.
À travers ces réformes, le Rwanda entend renforcer la qualité de son système éducatif et former une nouvelle génération d’enseignants mieux qualifiés, capables d’accompagner le développement économique et social du pays dans les décennies à venir.