Le Rwanda et les États-Unis scellent un accord stratégique sur l’énergie nucléaire
Le Gouvernement du Rwanda et les États-Unis ont signé un mémorandum d’entente (MoU) portant sur la coopération stratégique dans le domaine du nucléaire civil. Cet accord marque une étape majeure dans l’ambition du Rwanda de développer l’énergie nucléaire à des fins pacifiques et de consolider ses partenariats énergétiques à long terme.
La signature est intervenue le 19 Mai à Kigali entre Dr Usta Kayitesi, Ministre d’État Rwandaise chargée des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, et Renee Sonderman, Secrétaire adjoint principal par intérim au Bureau américain du contrôle des armements et de la non-prolifération, selon une note officielle de l’Ambassade des États-Unis au Rwanda.
Ce mémorandum vise à renforcer la coopération bilatérale dans le domaine du nucléaire civil, en mettant l’accent sur les normes de sûreté, la sécurité nucléaire et la non-prolifération.
Un accord conclu en marge du Sommet NEISA 2026
La signature s’est déroulée en marge du Sommet Africain Sur L’innovation Dans L’énergie Nucléaire (NEISA 2026), organisé à Kigali Convention Centre sous le thème : « Alimenter l’avenir de l’Afrique : transformer les ambitions nucléaires en investissements concrets ».
Ce sommet rassemble des chefs d’État africains, des décideurs politiques, des régulateurs, des investisseurs et des experts internationaux pour examiner le rôle de l’énergie nucléaire dans la réponse à la demande croissante d’électricité et aux ambitions d’industrialisation du continent.
Lors de la cérémonie d’ouverture, le Président Paul Kagame a annoncé que le Rwanda prévoit d’intégrer l’énergie nucléaire dans son mix énergétique dès le début des années 2030. Il a également reçu le rapport de la première phase de l’analyse intégré des infrastructures nucléaires (INIR) de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), confirmant les progrès du pays dans la mise en place d’un programme de petits réacteurs modulaires (SMR).
Promotion des réacteurs modulaires en Afrique
L’accord entre Kigali et Washington s’inscrit dans une dynamique plus large de promotion des Petits Réacteurs Modulaires (Small Modular Reactors – SMR) sur le continent. À cette occasion, l’entreprise américaine Holtec International et le Rwanda Atomic Energy Board (RAEB) ont signé un partenariat visant à accélérer le déploiement de la technologie Holtec SMR-300 au Rwanda.
Selon les organisateurs du sommet, les SMR et les Micro Réacteurs Modulaires (Micro Modular Reactors – MMR) apparaissent comme des solutions adaptées au contexte africain : ils nécessitent des réseaux électriques moins étendus, offrent des garanties accrues de sécurité et peuvent être déployés avec une flexibilité supérieure aux centrales nucléaires traditionnelles.
Une coopération continentale renforcée
Le sommet de Kigali accueille plusieurs personnalités de haut niveau, dont la Présidente Tanzanienne Samia Suluhu Hassan, le Président Togolais Faure Gnassingbé, ainsi que le Directeur général de l’AIEA, Rafael Mariano Grossi.
Les dirigeants africains présents ont souligné l’importance de renforcer la coopération continentale, de développer des mécanismes de financement et d’adapter les cadres réglementaires afin d’accélérer le déploiement de l’énergie nucléaire en Afrique.
Rafael Mariano Grossi a déclaré que les ambitions nucléaires africaines « ne sont plus une théorie », mais entrent désormais dans une phase concrète de mise en œuvre, portée par la hausse de la demande énergétique et l’évolution des mécanismes de financement internationaux.
Perspectives
Le sommet, qui se poursuit jusqu’au 21 Mai 2026, devrait aboutir à de nouveaux cadres de coopération portant sur le financement du nucléaire, la formation des compétences, la préparation réglementaire et le développement de partenariats régionaux pour les pays africains désireux d’intégrer l’énergie nucléaire dans leur stratégie énergétique.