Kigali accueille le Symposium africain sur le leadership des systèmes d’eau et d’assainissement

  • admin
  • August 18, 2026
  • il y a 20 hours
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Kigali accueille du 17 au 21 août 2026 le Africa Water & Sanitation Systems Leadership Symposium, un important rendez-vous continental consacré à la transformation des systèmes d’eau et d’assainissement en Afrique.

Organisé autour du thème « Accélérer la transformation de l’eau et de l’assainissement pour un impact durable », le symposium réunit des dirigeants africains, des responsables gouvernementaux, des réformateurs du secteur, des financiers, des experts techniques, des partenaires au développement et d’autres acteurs clés.

L’événement se tient au Kigali Convention Centre et est organisé conjointement par l’Union africaine, le Conseil des ministres africains de l’eau (AMCOW) et le Gouvernement du Rwanda, avec la facilitation de l’IRC.

Le symposium intervient alors que les pays africains cherchent à accélérer la mise en œuvre de la Vision africaine de l’eau 2063 et à renforcer les systèmes permettant d’assurer des services d’eau, d’assainissement et d’hygiène fiables et durables.

Les discussions portent notamment sur les réformes institutionnelles, la gouvernance, le financement, la crédibilité financière des opérateurs et la capacité des systèmes à attirer des investissements durables. L’objectif est de passer d’investissements ponctuels dans les infrastructures à des systèmes capables de fonctionner efficacement sur le long terme.

Le symposium met également l’accent sur le partage d’expériences entre pays africains, les réformes qui ont produit des résultats et les solutions susceptibles d’être reproduites à plus grande échelle.

Ouvrant officiellement les travaux mardi, le Premier ministre rwandais Justin Nsengiyumva a souligné que l’Afrique demeure confrontée à un important déficit dans l’accès aux services essentiels d’eau, d’assainissement et d’hygiène.

Selon les chiffres cités par le Premier ministre, 418 millions de personnes en Afrique n’ont toujours pas accès aux services d’eau de base, 779 millions aux services d’assainissement de base et 839 millions aux services d’hygiène de base.

Justin Nsengiyumva a estimé que le continent devait désormais porter son attention au-delà de la construction des infrastructures.

« Construire des infrastructures est important mais, dans une large mesure, ce n’est que le début. »

Pour lui, le véritable défi consiste à garantir que les infrastructures construites fonctionnent efficacement et continuent à fournir des services aux populations sur le long terme.

La mobilisation des financements constitue l’un des principaux enjeux du symposium. Mais les organisateurs souhaitent également examiner les conditions qui permettent aux institutions du secteur de devenir suffisamment crédibles et performantes pour attirer des investissements.

Le Premier ministre Justin Nsengiyumva a appelé les participants à dépasser les discussions traditionnelles sur la recherche de nouveaux financements.

« Nous devons réfléchir à la manière de construire le type d’institutions que l’argent veut trouver. »

Il a notamment évoqué l’importance d’une bonne gouvernance, de tarifs appropriés, d’une collecte efficace des recettes et d’une gestion financière rigoureuse. Selon les chiffres qu’il a cités, une meilleure gouvernance pourrait contribuer à débloquer environ 11,5 milliards de dollars par an, tandis qu’une mobilisation plus efficace des ressources nationales pourrait générer quelque 17,5 milliards de dollars supplémentaires pour le secteur africain de l’eau.

Le symposium entend ainsi placer la crédibilité financière au centre de la transformation des systèmes, afin de créer des conditions favorables à des investissements durables.

Pays hôte, le Rwanda participe également aux discussions en partageant son expérience en matière de réforme du secteur de l’eau et de l’assainissement.

Justin Nsengiyumva a reconnu que les réformes rwandaises restent en cours et que certains défis persistent, notamment les pertes d’eau et le modèle de prestation des services en milieu rural.

Le Premier ministre a particulièrement insisté sur les pertes d’eau qui surviennent lorsque l’eau traitée et pompée n’atteint pas les consommateurs.

« Il n’y a rien de “non générateur de revenus” dans une eau qui a été traitée et pompée, mais qui n’atteint jamais les personnes auxquelles elle est destinée. »

Il a qualifié cette situation de perte de ressources mais aussi de perte de service pour les citoyens.

Le Rwanda entend ainsi contribuer au débat continental en partageant ce qui a fonctionné, ce qui n’a pas fonctionné et les domaines dans lesquels le pays cherche encore des solutions.

L’agenda du symposium est structuré autour de quatre piliers complémentaires, en cohérence avec la Vision africaine de l’eau 2063 et le Programme africain d’investissement dans l’eau (AIP).

Cette approche vise à favoriser une transformation systémique plutôt qu’une succession de projets isolés, en renforçant à la fois le leadership, les institutions, les mécanismes financiers et les capacités techniques.

Le symposium constitue également une plateforme permettant aux pays de présenter leurs expériences de réforme, aux financiers d’échanger avec les responsables du secteur et aux partenaires internationaux de contribuer aux solutions africaines.

Les travaux de Kigali doivent aboutir à l’adoption du Communiqué de Kigali sur la transformation des systèmes pour la réalisation de la Vision et de la Politique africaines de l’eau 2063.

Justin Nsengiyumva a appelé les participants à faire de ce document un véritable engagement collectif, avec des mesures suffisamment claires et précises pour que les progrès puissent être évalués.

Pour le Premier ministre, le succès du symposium ne dépendra cependant pas uniquement de ce qui sera signé à Kigali, mais surtout de ce qui changera après le retour des participants dans leurs pays.

Le véritable résultat devra se mesurer dans les institutions, les décisions prises et, surtout, dans la qualité, la fiabilité et la durabilité des services d’eau et d’assainissement fournis aux populations.

Les discussions de Kigali doivent enfin se poursuivre au-delà de cette semaine, notamment lors de la prochaine étape prévue à Abou Dhabi en décembre, où les participants sont appelés à revenir avec des solutions, des engagements et une vision commune pour l’avenir des systèmes d’eau et d’assainissement en Afrique.

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